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LE CANTON DE CAYLUS

Christophe Sahuc

Le canton de Caylus est une zone de transition. A l’ouest, le Bassin Aquitain commence par le plateau calcaire du Causse de Limogne. Sur son rebord, Livron constitue un exutoire des eaux du plateau. La vallée de la Bonnette le sépare à l’est, du Terrefort marneux, marche du Massif Central.

Quinze dolmens de l’Age du Cuivre (-2600 à -1800) sont recensés dans le canton. Au 2ème Age du Fer (à partir de -450) les Celtes s’installent dans la région. La Bonnette sépare, là, les Rutènes (futur Rouergue) des Cadurques (futur Quercy). C’est chez eux qu’a lieu en 51 avant JC le siège d’Uxellodunum dans l’actuel camp de Caylus à Cantayrac selon certains, ou plus sûrement au Puy d’Issolu dans la vallée du Lot.

Une voie romaine de Cosa (Albias) à Sailhac (près de Limogne) traverse le pays, raccourci entre les voies Toulouse-Cahors et Cahors-Rodez. Les liaisons se font sur l’axe ouest – est à l’époque romaine. Mille ans plus tard, la création du castrum de Caylus participe de la nécessité de contrôler la liaison nord – sud, des abbayes de la vallée du Lot à celle de l’Aveyron. Le castrum est attesté en 1176 à l’occasion de son acquisition par le comte de Toulouse Ramon V. Le nom de Caylus vient d’ailleurs de castrum.

En 1211 Simon de Montfort brûle Caylus qui subit un second siège en 1212.
En 1227 le Comte de Toulouse installe les Templiers à Lacapelle Livron. Il développe par ailleurs une véritable bastide accolée à l’ancien castrum.
En 1271 Caylus est annexé à la France avec le comté de Toulouse. Avant la guerre de 100 ans, Caylus est devenue une vraie ville, presque autant peuplée que St Antonin, deuxième ville du Rouergue. La peste noire de 1348 élimine un tiers de la population, tandis que la guerre apporte ses malheurs habituels.
La paix est de retour en 1444 jusqu’à 1562 où le protestant Duras prend la ville et massacre 250 personnes. Caylus sera du parti catholique jusqu’à adhérer à la Ligue et accueillir Louis XIII en 1622 pendant le siège de St Antonin. Caylus ne se relèvera pas des guerres de religion. De ville, elle est devenue un gros bourg rural. L’arrivée de la grand’ route moderne Montauban – Villefranche au milieu du XVIIIe siècle, réintroduit une circulation est – ouest et fait illusion, car si Caylus est embellie, elle continue à s’assoupir.
De son maximum démographique en 1850 (10 356 habitants) le canton tombe à 3 086 en 1954.

Au XIXe siècle le nom de la famille Lagardelle va inspirer celui de Lagardère à Paul Féval pour son « Bossu » tandis que le Père Evariste Huc (1813 – 1860) est le premier européen à pénétrer à Lhassa, au Tibet.

L’armée, locataire depuis 1886, propriétaire depuis 1932 et 1967, est le premier employeur du canton.
Le tourisme (centre ancien, Christ de Zadkine dans l’église et sites naturels) conjugué à l’acquisition de propriétés par des européens du nord constitue aujourd’hui le second levier de développement.


Caylus - Carte postale
Avant 1914



Caylus - Carte postale
Avant 1914